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Les Guerres de Vendée à Châtillon-sur-Sèvre

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Livre à paraître :

  • « Les Guerres de Vendée à Châtillon-sur-Sèvre », Tome 2 (sortie 4e trim. 2019) 
Les Guerres de Vendée à Châtillon-sur-Sèvre
De Mauléon à Bressuire :
la fin d’une communauté.
Tome 2 – 2019

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La Révolution Française à Châtillon-sur-Sèvre

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Livre disponible

  • « La Révolution Française à Châtillon-sur-Sèvre », Tome 1 (2018) 
La Révolution Française à Châtillon-sur-Sèvre
Les secrets d’une ville sacrifiée
Tome 1 – 2018

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Extrait n°2 (p.246) : l’affaire du curé Besson

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Famille CHAUVIN

Cette parentèle de notables tient une place prépondérante dans la politique de la région, de Thouars à Châtillon, en passant par la cité alors secondaire de Bressuire. D’autant que Gabriel, petit-fils du couple Chauvin-Pierroy issu d’une seconde branche, joue aussi son rôle à travers sa fonction de lieutenant du prévôt de la maréchaussée de Thouars. Sans oublier Marguerite Chauvin, fille des Chauvin-Pierroy, mariée à un de La Ville, lieutenant de l’élection de Thouars et fils de son président. Incontestablement, les Chauvin pèsent lourd dans la conduite de l’administration. La suite ne le dément pas, ils s’impliquent résolument dans la bonne marche des affaires du nouveau pouvoir en place.

Mais revenons d’abord à Pierre Chauvin, époux de Jeanne Roy, pour nous intéresser à son frère à l’origine d’une autre branche, celle des Chauvin de la Mozinière. Joseph, son fils, né en 1704, mort en 1782, est marié à Charlotte Barichet (1709-1794). Ils habitent Saint-Varent et ont participé à une étrange et sordide affaire en association avec d’autres habitants, scandalisés par le comportement du curé de leur paroisse.

En septembre 1768, Joseph Chauvin, bourgeois, intervient en tant que partie civile dans un procès qui accuse de libertinage, de séquestration, de subornation de témoins, de détournement de fonds, d’inceste et même de viol le curé de la paroisse, Antoine Besson. Le religieux est expressément accusé d’avoir « commis divers crimes tels que le viol à l’égard de plusieurs femmes de la paroisse et des environs, tel que l’inceste avec une belle-sœur qu’il a gardée chez lui pendant neuf ans, tels encore que le concubinage avec ses servantes qu’il tient à son prieuré et à qui il fait boire du breuvage pour empêcher la progéniture. » Chez lui « les ouvrières qui y travaillaient ont eu quelques attaques à soutenir ». Informé de la situation par ces paroissiens, le « révérend évêque diocésain de La Rochelle », Emmanuel de Crussol d’Uzès, refuse de tenir compte de leurs plaintes et requêtes. Malgré les lourdes charges qui pèsent sur son desservant de Saint-Varent, le prélat décide, au contraire, de porter plainte contre ces accusateurs et les victimes qui mettent en cause le religieux. L’évêque va même jusqu’à réclamer l’arrestation d’une des plaignantes, Marie Eméreau, à qui le curé a refusé d’administrer les sacrements à cette femme pour être relevée de ses couches, et de son mari, le boulanger Nicolas Gué (Legay).

« Est-ce donc agir en prélat soucieux de maintenir le bon ordre dans l’étendue de son diocèse » s’étonne bientôt l’avocat des parties civiles dans son mémoire. Pour appuyer la défense de Besson, Quétin, le curé de Saint-Médard de Thouars vient donner une messe à Saint-Varent et tente d’étouffer l’affaire. Il intime l’ordre aux paroissiens de garder le silence devant les enquêteurs. « Mentir pour sauver son curé est une œuvre méritoire » assène-t-il devant les fidèles. Ce religieux refuse de surcroît la communion « à un témoin qu’il savait avoir déposé contre le prieur »

Condamné le 16 mai 1770, le curé Besson fait d’abord appel de son jugement, résigne son bénéfice au profit de son neveu et prend la fuite. Il en profite alors pour répliquer et accuser les « calomniateurs » de machination et de subornation de témoins. Mais sa plainte contre Chauvin, qui s’est constitué prisonnier, est classée sans suite. La révocation du premier avocat de la partie civile permet de constater que le cousin François Chauvin, sénéchal de Châtillon et surtout juge ordinaire civil, criminel et de police intervient lui aussi dans cette affaire. Un document passé devant le notaire d’Argenton Pierre-Louis Gouraud, frère des notaires de Châtillon, en atteste. Le Mémoire pour le sieur Chauvin de la Mouzinière imprimé dans le cadre de cette affaire souligne la probité de François Chauvin en réponse au curé Besson qui lui a « si mal adroitement attribué » le « rôle d’intriguant ».

« La confiance qu’il s’est acquise dans la Province de Poitou, tant comme juge éclairé que comme conseil prudent, la réputation intacte dont il a toujours joui, fondée particulièrement sur l’intégrité de ses mœurs et la régularité de sa conduite, le mettent au-dessus des imputation calomnieuses qu’on a eu la lâcheté de lui prodiguer. »

Ainsi, 20 ans avant la Révolution, les futurs membres des autorités républicaines se côtoient et se déjà connaissent très bien.

Comment se termine cette affaire d’agressions sexuelles ? Nous l’ignorons. Le dernier acte de Besson à Saint-Varent date de décembre 1773. Le curé qui a tout fait pour se soustraire à sa condamnation et à son emprisonnement disparaît des registres de cette paroisse meurtrie par le scandale. Si condamnation définitive en appel et réclusion il y a eues, la peine effective a été de courte durée. On retrouve, en-effet, le religieux un an plus tard chanoine à Oiron puis curé à Thénezay. Curé jureur fin 1791 puis réfractaire, il décède à Oiron en 1803.

Extrait n°1 (p.160) : L’influence choletaise

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« Les Guerres de Vendée à Châtillon-sur-Sèvre »

[…]

Ce que les étrangers contrôlent avant tout, c’est le siège de l’élection. Au fil des années, nous retrouvons d’abord un Thomas Duvignaud comme président de cette élection de Châtillon puis Chauvière de la Pagerie en 1759. Cette famille Chauvière semble originaire de Machecoul (ou de Mortagne). C’est à cette époque qu’un fils du couple Chauvière-Retailleau s’installe au château de Caphar aux Aubiers par alliance avec une fille Sureau, tandis que son frère s’implante à Châtillon. Après Chauvière, c’est le Choletais Poupard qui prend en mains les rênes de l’élection de Châtillon. Il détient cet office jusqu’en 1779, date à laquelle il le met en vente. On trouve ensuite Pierre-Jean-François Tharreau, tout juste majeur lorsque Poupard vend sa charge de président. Il accompagne l’administration de l’élection jusqu’à sa disparition totale.

Outre Thomas, Chauvière, Poupard et Tharreau, le bureau de l’élection comprend d’autres personnages. Henri-Joseph Gouraud, notaire, en est le procureur jusqu’en 1783, date à laquelle il cède sa charge. Dailly, est désigné comme premier élu en l’élection de Châtillon ce qui lui vaut « exemption de taille, tutelle, curatelle, logement de gens de guerre et autres privilèges » indique la petite annonce de cession de son office par sa femme, en novembre 1779. François Soullard de la Roche, est le lieutenant de l’élection jusqu’en 1777, année au cours de laquelle il devient le subdélégué du Poitou, un poste qu’il occupe jusqu’à sa mort en 1788. Jean-Baptiste Puybusque dont la famille alliée des Jouault et des Fuzeau, est venue de Toulouse au cours du 17e siècle pour s’installer dans le bocage, est le greffier de l’élection. 

Outre les Choletais, les Morand et Boutillier de Beauregard viennent d’Ardelay, les Maindron sont des Herbiers, les Bienvenu de La Flocellière, etc.

Ainsi, toutes les futures parentèles patriotes, dont beaucoup sont originaires du futur territoire de la Vendée militaire, se connaissent très bien, se côtoient, sont très souvent apparentées et évoluent de concert dans les activités de la santé, du négoce et de l’administration. Les familles qui occupent les plus hautes fonctions avant la Révolution, retrouvent des postes au sein du nouveau pouvoir révolutionnaire. 

Le cas le plus emblématique est celui de Poupard qui devient carrément président du directoire du département des Deux-Sèvres. Tharreau se fait élire au district et en devient le vice-président. Pasquier devient maire de Bressuire en 1794. Il sera assassiné un an plus tard. Gouraud occupe les fonctions de juge au tribunal de Bressuire aux heures les plus sombres de son histoire. Avec son collègue Ferchaud, ex-notaire à Châtillon (lequel décède fin 1793 à Niort), il envoie des dizaines de ressortissants du Bocage devant les bourreaux. 

Ces Choletais et ces Mortagnais ont face à eux quelques rares vieilles familles du cru. Si les Massoteau, Fuzeau et Jouault ont presque disparu de Châtillon quelques années avant la Révolution, Baudry tient encore sur place une partie des pouvoirs en tant que procureur fiscal et ducal. La présence de sa famille est attestée depuis le milieu du 17e siècle. Il représente l’autorité du propriétaire du duché-pairie. Il s’agit des héritiers du duc de Châtillon, deux filles, l’une mariée au duc de Crussol d’Uzès, l’autre à de la Trémoïlle.

Les Cousseau, une famille sous la protection de ces mêmes Crussol d’Uzès et dont un membre religieux est secrétaire particulier de l’évêque Emmanuel de Crussol d’Uzès à La Rochelle, ont la main sur le grenier à sel. Denis du Chiron est le subdélégué du Poitou et Tocqué en est le receveur fiscal. Des Gautronneau, ancienne famille de notaires, il ne reste guère que le gendre Maugrain, le colon de Saint-Domingue Louis et le vicaire de Saint-Jouin, Augustin. 

Toutes les autres familles de notables qui tiennent les postes clés ne sont pas châtillonnaises de souche. Il s’agit notamment des Chessé, Merland, La Guêpière, Coudraye, Goutière, Gusteau, Roulleau, Mazures, Chauvin, Mounier, Maindron, Perreau, Héraudin, etc.

L’explication en définitive est simple. Châtillon, sans son administration, ne pèse pas bien lourd. Elle ne dispose d’aucune industrie capable de rivaliser avec Cholet ou même Bressuire, et seules les richesses des terres entre les mains des La Rochejaquelein d’une part, et celles de l’abbaye de la Trinité de l’autre, attisent les convoitises des Choletais et surtout des Colbert. […]

La Favrière en Poitou

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Livre disponible

  • « Histoire d’une maison noble : La Favrière en Poitou » (2017)

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