Les Mounier, une famille de patriotes modérés au coeur de la Vendée militaire

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Le site internet Cimetières Mellois invite, à sa façon, au voyage dans l’histoire des Deux-Sèvres. A la rubrique Saurais, commune du sud du département, il est question de la famille Mounier. Outre un court descriptif de la généalogie de cette famille, nous pouvons découvrir la tombe de Maurice-Théodore-Casimir Mounier, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, officier de la Légion d’honneur, décédé en 1863. Son épouse s’appelait Marie-Henri-Elisabeth Chopin d’Arnouville (-1880). Leur fils, Théodore, décédé à l’âge de 28 ans, repose à leurs côtés.
Quel rapport avec Mauléon ?
La famille Mounier « de Roumefort » est venue de Charente pour s’installer à Saint-Jouin au milieu du 18e siècle. Le père de famille faisait partie de ces nombreux notables appelés sur place pour gérer les affaires du duché-pairie et de l’élection, organisme financier chargé de collecter les impôts. Pierre-Jean-Baptiste Mounier quitte son office de receveur des aides (impôts) de Chateauneuf en Aunis pour prendre celui de directeur des aides de Châtillon. Il est aussi changeur chargé de la conversion les différentes monnaies utilisées à l’époque, une activité fort lucrative.
Il est marié à Jeanne-Martin de Guissalle qui lui donne cinq enfants : Jean-Martin, Maurice (1745-1804), Philippe (1756-1826), Marie et Catherine Angélique.
Outre la maison de ville il achète en 1763 la Cantinière aux Cerqueux qui devient leur maison de campagne, une démarche classique pour les notables aisés de l’époque.
De l’aîné Jean-Martin, nous ne connaissons que sa date de naissance : 1744. Il est interessant de noter qu’il nait à Chateauneuf-sur-Charente ce qui implique que ses parents s’y trouvaient encore à cette date.
Son frère Maurice nait l’année suivante dans la même paroisse.En 1751, lorsque Marie voit le jour à son tour, la famille se trouve toujours en Charente. Mais elle part ensuite car Catherine-Angélique est native de Saint-Jouin tout comme le petit dernier, Philippe né en 1756.
Cette famille embrasse les idées révolutionnaires mais n’en reste pas moins très appréciée dans la région, sans doute en raison de sa modération.
Maurice devient curé constitutionnel à Rorthais et meurt en 1804 à l’âge de 49 ans seulement à Thouars. Catherine-Angélique épouse Anne-Pierre Duclos, receveur général des aides à Thouars. Leur fille deviendra épouse de La Guêpière.
Marie est l’épouse de François Soullard de la Roche, subdélégué de l’Intendant en ce lieu, et donc le représentant sur place du délégué de la province du Poitou. Leur fils sera maire de Saint-Jouin en 1831.
Philippe enfin est celui qui est le plus impliqué dans l’administration républicaine. Il sera élu membre du directoire des Deux-Sèvres. Mais lorsqu’à partir de 1793 les Vendéens prennent le pouvoir, ils font appel à des notables expérimentés pour que l’administration poursuivre son oeuvre au profit du pouvoir qu’ils ont installé. Mounier est appelé à tenir ce poste dans le conseil royaliste de Thouars, au côté de son beau-père André Orré-Duplessis.
Cet épisode est de courte durée. En 1794, le voici commissaire extraordinaire des guerres.En 1795 il est receveur particulier des finances à Thouars puis à Parthenay où sa vie sera à plusieurs reprises menacée.

Où habitaient les Mounier à Saint-Jouin ?
Nous savons qu’ils ont possédé la cure de Saint-Jouin (le bâtiment accolé à l’église) où vivait la famille Duclos-Mounier au moment de l’insurrection vendéenne. Nous pensons que la maison des Mounier se trouvait plus près de Châtillon, sur la place de Saint-Jouin.

Les Mounier possédaient en 1812 les parcelles 40, 39, 34, etc.
Maison Mounier présumée aujourd’hui.

Xavier MAUDET © 2020

http://cimetieresmellois.fr/SAURAIS%2079%20FAMILLE%20MOUNIER.html

MAUDET Xavier, La Révolution française à Châtillon-sur-Sèvre, Ed C.Le Mastin, 2018.