L’ascension d’une famille de notables Mauléonais du 17e siècle, les Jouault de la Barre

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Marie-Geneviève-Jeanne Jouault des Touches (1758-1838), épouse Hunault de La Chevallerie.
Elle était co-propriétaire de La Favrière à Nueil-les-Aubiers. La famille était originaire de Mauléon.

Les Jouault font partie de ces familles totalement inconnues qui surgissent du passé à la faveur de recherches dans des archives inexplorées jusque là. Les papiers de cette famille sont soigneusement rangés et répertoriés aux archives de La Vienne. A travers une demi douzaine de dossiers, on plonge dans la vie des familles Jouault mais aussi dans celle des Nollin, des Jaudonnet, des Bodin, des Chauveau, etc.

Les Jouault étaient déjà installés à Saint-Jouin-de-Mauléon dès le début du 17e siècle. Ils figuraient parmi les bourgeois, notables de la paroisse. Nous pensons que leur activité d’origine était celle de tanneurs ou de négociants en cuirs.
En 1636, le curé de la paroisse est Jacques Jouault. Il est né avant 1612. Quelques années plus tard, celui qui est peut-être son neveu, Henry Jouault, né vers 1640-1650, est qualifié de contrôleur des exploits (1), fermier des greffes de la Baronnie de Mauléon. Au décès de ses parents, pour assurer le repos de leur âme, Henry Jouault de La Chevrière fait don à la paroisse de Saint-Jouin, d’une maison et d’un terrain loués au cordonnier Bonnin.
A Saint-Jouin, les Jouault résident dans la maison que la famille Mounier possédera à la Révolution. Si sa localisation est incertaine, nous pensons qu’il s’agit des bâtiments situés à main droite dans la rue Saint-Jouin depuis la bifurcation avec la rue de la Tannerie, jusqu’au niveau de la Villa Bleue (ex-maison Ferez).

Henry Jouault a deux soeurs, Marie et Jacquette ainsi qu’un frère : Jean.
Jacquette est mariée à un notaire puis à un docteur en médecine. Elle décède à Cholet.
Marie épouse le grènetier du grenier à sel de Cholet, puis son contrôleur. Elle meurt aussi à Cholet.
Jean, enfin, qui nous intéresse plus particulièrement, est à l’origine d’une parentèle qui va connaître un parcours brillant. Né vers 1650, il se marie à une femme née dans une famille de marchands tanneurs d’Argenton-Château, les Nollin. Outre leur activité dans l’industrie du cuir, les Nollin occupent aussi les fonctions administratives de « contrôleur de tous les cuirs qui se fabriquent à Argenton-Château » (1651) et de contrôleur des décimes (1630).
En épousant Françoise Nollin, Jouault va réussir à récupérer ces deux charges. Ce sera le début (ou l’accélérateur) de la fortune familiale.
Alors qu’Henry Jouault habite Saint-Jouin, Jean part peu de temps après son mariage s’installer à Bressuire. Il achète une maison en ville en 1674 puis, en 1678, la métairie de La Barre (route de Faye-L’Abbesse) qui appartenait au conservateur des privilèges royaux de l’Université de Poitiers, Michel Meschinet.
Jouault se fait alors appeler Jouault de La Barre. Avec son épouse Françoise Nollin, ils auront six enfants.
Ces enfants Jouault font souche à Bressuire où l’on croise un sénéchal (1701 à 1722) et un maire. Un Jouault s’installe aussi à Breuil-Chaussée. Un autre devient lieutenant en l’élection de Thouars et y déménage donc.
Les Jouault s’implantent aussi à Saint-Aubin-du-Plain où deux soeurs feront partie des dizaines de victimes du massacre perpétré par les soldats républicains de Louis Grignon début 1794. Cette famille donnera aussi un notaire installé en Vendée.

Un autre enfant Jouault, Louis, habite à Moutiers-sous-Argenton. Voisin de sa mère remariée avec Jaudonnet de Laugrennière, il revient sur les terres familiales de Saint-Jouin. En 1710, il achète à la baronne de Mauléon la terre des Touches de la paroisse Notre-Dame de Moulins. Sa descendance sera installée à Saint-Jouin. Deux de ses fils épousent deux filles de Jacques de Puybusque greffier en chef de la baronnie de Mauléon. Leur descendance vivra à Saint-Jouin jusqu’au milieu du 19e siècle. Cette parentèle comptera notamment deux religieuses de la Sagesse. Les derniers Jouault connus à Mauléon, s’appelaient Jouault de Férolles.

Outre le Bressuirais, l’Argentonnais, le Thouarsais, le Mauléonais et même le Nantais avec les Jouault de Montifault et Jouault de Montmartin, un autre Jouault épouse une fille Chauveau de Tournelay et s’installe à La Favrière de Nueil. Il restaurent l’édifice à partir de 1715.
Le couple Jouault-Chauveau et leurs enfants amasseront une confortable fortune. Ils iront s’installer à Poitiers où trois filles feront, à la veille de la Révolution, de belles alliances avec les de Moysen, les Hunault de la Chevallerie et les Mercier du Paty de Clam.

Outre ces familles, les Jouault ont aussi noué des alliances avec les Delley d’Avaizes, les Leclerc de Bressuire, les Dutemple de La Chapelle-Saint-Laurent, les Tharreau-Houdet du Choletais, les Regnier de Lambrunière, etc.

Xavier MAUDET © 2020

(1) : Fonctionnaire chargé de l’enregistrement de tout acte de matière civile, criminelle ou financière des notaires, huissiers, sergents (de police), archers et autres officiers royaux.