Catégorie : Extraits

Table des matières Tome 2 « Les Guerres de Vendée à Châtillon-sur-Sèvre »

Préface par Michel CHATRY……………………………………………………………………………………9
Avant propos …………………………………………………………………………………………13
Au cœur du pays insurgé…………………………………………………………………………17
1re partie
Une communauté en déroute …………………………………………………..23
La fuite vers les cités patriotes………………………………………………………………….69
Royalistes et « mitoyens »………………………………………………………………………..87
Des divergences d’opinions…………………………………………………………………..109
Terreur Blanche en Vendée…………………………………………………………………….125
Une saignée démographique…………………………………………………………………143
2e partie
Questions et rencontres………………………………………………………….153
De Cholet à Châtillon ……………………………………………………………………………155
Colbert-Maulévrier………………………………………………………………………………..163
Colbert de Torcy………………………………………………………………………………………….168
Esclavage et Châtillonnais……………………………………………………………………..169
Emmanuel de Crussol d’Uzès …………………………………………………………………173
Jean-Jacques Aubin ……………………………………………………………………………..187
Michel-Gabriel Boutillier………………………………………………………………………..189
Louis Grignon ………………………………………………………………………………………193
Les volontaires de 1792…………………………………………………………………………199
Une rebelle devenue baronne d’Empire ………………………………………………….205
Le chevalier de La Garde……………………………………………………………………….213
Le chevalier de La Cassaigne …………………………………………………………………217
Succession de Clémentine de Hillerin……………………………………………………..221
3e partie
Portraits de familles…………………………………………………………………225
Famille Abellard……………………………………………………………………………………227
Famille Barbot ……………………………………………………………………………………..230
Famille Baudry……………………………………………………………………………………..232
Famille Béraud……………………………………………………………………………………..235
Famille Bitton……………………………………………………………………………………….238
Famille Borde (ou Deborde)…………………………………………………………………..241
Famille Bouchère………………………………………………………………………………….244
Famille Chauvin ……………………………………………………………………………………246
Famille Delhommeau…………………………………………………………………………….250
Famille Denis du Chiron ………………………………………………………………………..252
Autres Denis…………………………………………………………………………………………255
Famille Engevin du Coudray ………………………………………………………………….256
Famille Gautronneau …………………………………………………………………………….259
Famille Maindron………………………………………………………………………………….262
Famille Mazure …………………………………………………………………………………….264
Famille Perrineau………………………………………………………………………………….267
Famille Rabin ……………………………………………………………………………………….269
Famille La Rochejaquelein……………………………………………………………………..275
Famille Vavasseur …………………………………………………………………………………282
Les autres familles…………………………………………………………………………………285
Famille Amiot ……………………………………………………………………………………………..285
Famille Bodet ……………………………………………………………………………………………..286
Famille Cailleton………………………………………………………………………………………….287
Famille Chaillou…………………………………………………………………………………………..287
Famille Deschamps ……………………………………………………………………………………..288
Famille Goutière………………………………………………………………………………………….290
Famille Hérault ……………………………………………………………………………………………292
Famille Poidras……………………………………………………………………………………………292
Famille Taillebuis …………………………………………………………………………………………293
Famille Thomazeau ……………………………………………………………………………………..294
Famille Thomas du Vignaud………………………………………………………………………….294
Famille Thomas des Touches ………………………………………………………………………..295
Annexes ……………………………………………………………………………………………… 297
Epilogue Le fratricide vendéen ……………………………………………………………..305
Index du tome 1…………………………………………………………………………………..315
Index du tome 2…………………………………………………………………………………..329
Bibliographie (suite du tome 1) ……………………………………………………………..337

Extrait n°1 (p.160) : L’influence choletaise

« Les Guerres de Vendée à Châtillon-sur-Sèvre »

[…]

Ce que les étrangers contrôlent avant tout, c’est le siège de l’élection. Au fil des années, nous retrouvons d’abord un Thomas Duvignaud comme président de cette élection de Châtillon puis Chauvière de la Pagerie en 1759. Cette famille Chauvière semble originaire de Machecoul (ou de Mortagne). C’est à cette époque qu’un fils du couple Chauvière-Retailleau s’installe au château de Caphar aux Aubiers par alliance avec une fille Sureau, tandis que son frère s’implante à Châtillon. Après Chauvière, c’est le Choletais Poupard qui prend en mains les rênes de l’élection de Châtillon. Il détient cet office jusqu’en 1779, date à laquelle il le met en vente. On trouve ensuite Pierre-Jean-François Tharreau, tout juste majeur lorsque Poupard vend sa charge de président. Il accompagne l’administration de l’élection jusqu’à sa disparition totale.

Outre Thomas, Chauvière, Poupard et Tharreau, le bureau de l’élection comprend d’autres personnages. Henri-Joseph Gouraud, notaire, en est le procureur jusqu’en 1783, date à laquelle il cède sa charge. Dailly, est désigné comme premier élu en l’élection de Châtillon ce qui lui vaut « exemption de taille, tutelle, curatelle, logement de gens de guerre et autres privilèges » indique la petite annonce de cession de son office par sa femme, en novembre 1779. François Soullard de la Roche, est le lieutenant de l’élection jusqu’en 1777, année au cours de laquelle il devient le subdélégué du Poitou, un poste qu’il occupe jusqu’à sa mort en 1788. Jean-Baptiste Puybusque dont la famille alliée des Jouault et des Fuzeau, est venue de Toulouse au cours du 17e siècle pour s’installer dans le bocage, est le greffier de l’élection. 

Outre les Choletais, les Morand et Boutillier de Beauregard viennent d’Ardelay, les Maindron sont des Herbiers, les Bienvenu de La Flocellière, etc.

Ainsi, toutes les futures parentèles patriotes, dont beaucoup sont originaires du futur territoire de la Vendée militaire, se connaissent très bien, se côtoient, sont très souvent apparentées et évoluent de concert dans les activités de la santé, du négoce et de l’administration. Les familles qui occupent les plus hautes fonctions avant la Révolution, retrouvent des postes au sein du nouveau pouvoir révolutionnaire. 

Le cas le plus emblématique est celui de Poupard qui devient carrément président du directoire du département des Deux-Sèvres. Tharreau se fait élire au district et en devient le vice-président. Pasquier devient maire de Bressuire en 1794. Il sera assassiné un an plus tard. Gouraud occupe les fonctions de juge au tribunal de Bressuire aux heures les plus sombres de son histoire. Avec son collègue Ferchaud, ex-notaire à Châtillon (lequel décède fin 1793 à Niort), il envoie des dizaines de ressortissants du Bocage devant les bourreaux. 

Ces Choletais et ces Mortagnais ont face à eux quelques rares vieilles familles du cru. Si les Massoteau, Fuzeau et Jouault ont presque disparu de Châtillon quelques années avant la Révolution, Baudry tient encore sur place une partie des pouvoirs en tant que procureur fiscal et ducal. La présence de sa famille est attestée depuis le milieu du 17e siècle. Il représente l’autorité du propriétaire du duché-pairie. Il s’agit des héritiers du duc de Châtillon, deux filles, l’une mariée au duc de Crussol d’Uzès, l’autre à de la Trémoïlle.

Les Cousseau, une famille sous la protection de ces mêmes Crussol d’Uzès et dont un membre religieux est secrétaire particulier de l’évêque Emmanuel de Crussol d’Uzès à La Rochelle, ont la main sur le grenier à sel. Denis du Chiron est le subdélégué du Poitou et Tocqué en est le receveur fiscal. Des Gautronneau, ancienne famille de notaires, il ne reste guère que le gendre Maugrain, le colon de Saint-Domingue Louis et le vicaire de Saint-Jouin, Augustin. 

Toutes les autres familles de notables qui tiennent les postes clés ne sont pas châtillonnaises de souche. Il s’agit notamment des Chessé, Merland, La Guêpière, Coudraye, Goutière, Gusteau, Roulleau, Mazures, Chauvin, Mounier, Maindron, Perreau, Héraudin, etc.

L’explication en définitive est simple. Châtillon, sans son administration, ne pèse pas bien lourd. Elle ne dispose d’aucune industrie capable de rivaliser avec Cholet ou même Bressuire, et seules les richesses des terres entre les mains des La Rochejaquelein d’une part, et celles de l’abbaye de la Trinité de l’autre, attisent les convoitises des Choletais et surtout des Colbert. […]